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NAR Communiqué 19 oct. 2026

Appel urgent : Mohamed Jelloul, enseignant emprisonné pour son engagement civique pacifique

Nous vous écrivons à l’occasion de la Journée mondiale des enseignants afin d’attirer votre attention sur le cas de Mohamed Jelloul, enseignant et défenseur des droits humains rifain, qui purge actuellement une peine de dix ans de prison au Maroc pour sa participation au mouvement de protestation pacifique connu sous le nom de Hirak du Rif. En cette journée consacrée à la reconnaissance du rôle essentiel des enseignants dans la société, nous estimons particulièrement important de mettre en lumière le cas d’un enseignant privé de sa liberté depuis des années en raison de son engagement civique pacifique.

Selon les informations dont disposent la National Assembly of Rif (NAR) et le Riffian Council for Human Rights (RCHR), Mohamed Jelloul devrait être libéré en 2027. Son emprisonnement lui aura toutefois déjà pris quinze années de sa vie au total, à la suite de deux condamnations distinctes liées à sa participation à des manifestations pacifiques et à son militantisme civique.

Qui est Mohamed Jelloul ?

Mohamed Jelloul est né dans le Rif en 1971. Il est enseignant et milite depuis de nombreuses années pour les droits humains et pour les groupes marginalisés du Rif, notamment les diplômés universitaires au chômage, les pêcheurs et les agriculteurs.

Il a été actif dans diverses organisations de la société civile et dans des syndicats. Il a également participé aux manifestations du Mouvement du 20 février dans le Rif en 2011 et au mouvement de protestation Hirak du Rif en 2017.

Son engagement social et politique a eu de profondes conséquences sur sa vie. Il a été condamné à des peines de prison totalisant quinze ans. Selon NAR et le RCHR, ces condamnations reposaient sur de fausses accusations et sont le résultat de procédures menées dans un contexte politiquement motivé.

L’impact sur Mohamed Jelloul et sa famille

Mohamed Jelloul est marié et père de trois enfants : Houda, née en 1997 ; Ayoub, né en 1999 ; et Kamal, né en 2002.

Ses arrestations et sa détention prolongée ont eu de graves conséquences pour lui comme pour sa famille. Ces conséquences ont été non seulement sociales et financières, mais aussi physiques et psychologiques.

Mohamed Jelloul a été placé à plusieurs reprises en isolement. Il a également fait plusieurs grèves de la faim parce qu’on lui refusait les droits les plus élémentaires, y compris le droit de garder le contact avec sa famille.

Par ailleurs, son emprisonnement l’a empêché d’exercer son métier d’enseignant pendant de nombreuses années et lui a fait manquer une grande partie de la vie de ses enfants.

Son plus jeune enfant n’avait que dix ans lorsque Mohamed Jelloul a été séparé de sa famille lors de sa première période de détention. Son absence prolongée en tant que père a laissé de profondes cicatrices dans la vie de ses enfants et de toute la famille.

La nécessité de justice et de réparation

Mohamed Jelloul devrait sortir de prison en 2027. Sa libération n’effacera toutefois pas les quinze années perdues, ni les conséquences que son emprisonnement a eues sur sa famille, sa profession et sa vie sociale.

Nous estimons donc que son cas exige plus que la simple fin de sa peine. Il doit y avoir une reconnaissance des violations alléguées et des mesures de réparation significatives.

Nous vous demandons respectueusement d’examiner le cas de Mohamed Jelloul et, dans la mesure où les conclusions de cet examen étayent les allégations, de plaider en faveur de :

  • Un réexamen complet et indépendant de ses condamnations et des procédures qui ont conduit à son emprisonnement, y compris la question de savoir s’il a été poursuivi et emprisonné uniquement ou principalement pour avoir exercé ses droits à la liberté de réunion pacifique, à la liberté d’expression et à la participation civique.
  • Sa réhabilitation et le rétablissement de sa réputation et de ses droits, s’il est établi que ses condamnations résultent de procédures politiquement motivées ou autrement inéquitables.
  • Une enquête indépendante et transparente sur les circonstances de ses arrestations, poursuites, condamnations, conditions de détention, périodes d’isolement et grèves de la faim.
  • Une indemnisation appropriée et d’autres formes de réparation pour le préjudice matériel, professionnel, social, physique et psychologique subi par Mohamed Jelloul et sa famille.
  • Le rétablissement de ses droits professionnels et sociaux, y compris la possibilité de reprendre son métier d’enseignant et de reconstruire sa vie dans la dignité après sa libération.
  • La reconnaissance de l’impact d’un emprisonnement prolongé sur sa famille, en particulier sur ses enfants, qui ont perdu de nombreuses années avec leur père du fait de sa détention.

Un enseignant a sa place dans une école, aux côtés de ses élèves et de sa famille, et non en prison pour son engagement civique pacifique.

Bruxelles, le 5 octobre 2026

The National Assembly of Rif (NAR)

Riffian Council for Human Rights (RCHR)